BF3 – ENSEIGNANT(E) BENEVOLE DE LA FPJ
A. SENS DU DIPLOME – BF3
Le BF3 – Enseignant Bénévole (EB) de la FPJ est créé pour permettre aux ceintures noires qui souhaitent contribuer au développement du judo d’assurer des fonctions d’enseignement bénévole en autonomie, au sein de leur club ou dans différentes structures fédérales.
La formation ne vise pas la délivrance d’un diplôme professionnel qui permet l’enseignement contre rémunération. Elle vise bien à s’assurer que le candidat peut garantir la sécurité des pratiquants qu’il encadre, et proposer un enseignement cohérent dans le cadre d’un club, au service du développement et de la promotion du judo en Polynésie Française.
Il est important de préciser que le BF3 constitue un prérequis indispensable pour pouvoir se présenter au Brevet Professionnel Polynésie d’Educateur Sportif (BPPES).
B. PREROGATIVES DU TITULA IRE – BF3
Le titulaire de la qualification BF3 – « Enseignant Bénévole » (EB) de la FPJ peut :
- Préparer et conduire un cycle d’initiation ou d’enseignement pour des pratiquants débutants jusqu’à la ceinture noire ;
- Effectuer des remplacements ponctuels dans différents clubs ou structures fédérales ;
- Participer à l’organisation des passages de grade au sein du club, jusqu’à la délivrance de la ceinture marron ;
- Accompagner en autonomie des collectifs mineurs sur des animations et des compétitions ;
- Promouvoir la pratique auprès de nouveaux publics potentiels ;
- Participer aux tâches administratives (inscription en compétition, prises de licences) ou pédagogiques (arbitrage, tenue de table) liées à la vie associative du club et de la FPJ.
C. PREREQUIS & AGE PLANCHER – BF3
Pour pouvoir passer le BF3– EB, le / la candidat(e) doit au minimum :
- Être titulaire du grade de ceinture noire 1er DAN
- Ou être titulaire de la ceinture marron ET du BF2
- Avoir 18 ans dans la saison sportive
D. STAGE PRATIQUE – BF3
Dans la mesure du possible le stage pratique doit être « tutoré » par l’enseignant titulaire d’un diplôme professionnel du club. A défaut, le tutorat peut être réalisé par le CTF.
Le stage pratique permet d’acquérir l’expérience nécessaire à l’acquisition des compétences requises. Il doit être effectué :
- Sur une durée minimum de 50h
- Dans un contexte d’’intervention permettant la conduite de séances en autonomie, auprès d’un public hétérogène pouvant aller jusqu’à la ceinture noire
E. COMPETENCES ATTENDUES – BF3
E1. Sur le plan technique (UC1)
Le / la titulaire du BF3 – EB doit être capable d’exécuter, combiner et expliquer correctement les principales techniques utilisées par les pratiquants jusqu’à la ceinture marron, dans une approche dynamique & pédagogique. Cette compétence se décompose en 4 Sous-Compétences (SC 1 à 3) :
- SC 1, Connaître & exécuter correctement les principales techniques du Tachi Waza & du Ne Waza. Le candidat doit être capable de nommer, réaliser avec un minimum de contrôle et de précision les 58 techniques du Gokyo, du programme du BF3, en statique et en dynamique ;
- SC 2, Démontrer les principales techniques du Gokyo, dans une approche dynamique & pédagogique en Tachi Waza & en Ne Waza : Le candidat doit être capable :
- SC2.1 : De proposer une démonstration pédagogique cohérente et évolutive des principales techniques de Tachi Waza & de Ne Waza, parmi celles qui figurent au programme du BF3 ;
- SC2.2 : D’enchaîner et/ou combiner et/ou défendre de manière cohérente et maîtrisée (esquive, blocage, contre), plusieurs techniques complémentaires, lors d’un exercice dynamique de type Yaku Soku Geiko, Kakari Geiko ou Randori (au choix). Les techniques doivent être adaptées à la posture, la saisie et aux déplacements du couple UKE – TORI. (Les SHN, les sélectionnés aux Jeux du Pacifique & les membres du CPP valident cette sous compétence)
- SC 3, Exécuter le Nage No Kata : Le candidat doit être capable de réaliser les 5 premières séries du Nage No Kata, dans l’ordre, avec un minimum de contrôle et de précision. (L’UV1 du 1er DAN dominante compétition valide les 3 premières séries, l’UV1 dominante technique et l’UV1 du 2ème Dan valident cette compétence)
Le programme technique du BF3 comporte :
- 10 Te Waza:
- Ippon Seoi Nage
- Seoi Otoshi
- Eri Seoi Nage
- Morote Seoi Nage
- Kataguruma
- Te Guruma
- Morote Gari
- Kuchiki Taochi
- Tai Otoshi
- Uki Otoshi
- 10 Ashi Waza:
- O Uchi Gari (la forme Barai est acceptée)
- Ko Uchi Gari (la forme Barai est acceptée)
- O Soto Gari (la forme Otoshi est acceptée)
- Ko Soto Gake
- De Ashi Barai
- Okuri Ashi Barai
- Harai Tsuri Komi Ashi
- Ashi Guruma
- Hiza Guruma
- Sasae Tsuri Komi Ashi
- 10 Koshi Waza:
- Uchi mata (la forme Ashi est acceptée)
- Harai Goshi
- Hane Goshi
- O goshi
- Sode Tsuri komi goshi
- Tsuri Komi Goshi
- Koshi Guruma
- Kubi Nage
- Utsuri Goshi
- Ushiro Goshi
- 10 Sutemi Waza:
- Tomoe Nage
- Sumi Gaeshi
- Yoko Tomoe Nage
- Tani Otoshi
- Ura Nage
- Yoko Guruma
- Ko Uchi Makikomi
- Soto Makikomi
- Yoko Otoshi
- Uki Waza
- 6 Katame waza :
- Hon Gesa Gatame
- Yoko Shiho Gatame
- Tate Shiho Gatame
- Kami Shiho Gatame
- Uchiro Gesa Gatame
- Makura Gesa Gatame
- 6 Kansetsu waza :
- Juji Gatame
- Ude Garami
- Ude Gatame
- Hara Gatame
- Waki Gatame
- Hiza Gatame
- 6 Shime waza :
- Sankaku Jime
- Hadaka Jime
- Un des 3 Juji Jime (Kata Juji Jime, Gyaku Juji Jime, Nami Juji Jime)
- Kata Ha Jime
- Kata Te Jime
- Okuri Eri jime
E2. Sur le plan pédagogique (UC2)
Le / la titulaire du BF3 – EB est capable de concevoir, encadrer tout type de public jusqu’à la ceinture noire, justifier ses interventions dans un cycle de plusieurs séances adaptées au public, mesurer la pertinence de ses interventions et les réguler en conséquence. Cette compétence se décompose en 3 sous – compétences (SC 4 à 6) :
- SC 4, Concevoir et évaluer une séance qui s’inscrit dans une progression cohérente au regard des capacités du public : Le candidat est capable :
- De concevoir un cycle composé de plusieurs séances d’initiation ou d’enseignement, structuré par des objectifs pédagogiques en cohérence avec les fondamentaux du judo et le niveau de pratique du public ;
- De situer une séance dans la progression globale des pratiquants (si besoin, faire référence à la Méthode française d’enseignement et ses 3 périodes) ;
- De proposer des exercices évolutifs au sein d’une même séance de judo, elle-même guidée par un objectif explicite ;
- De donner du sens à son action pédagogique en explicitant le lien entre ses exercices et ses intentions :
- En termes de méthodes (pédagogie du modèle, pédagogie de la découverte) ;
- En termes de choix d’exercices proposés (Intérêt des exercices au regard du thème, intérêt des exercices conventionnels au regard de la progression du judoka) ;
- D’évaluer la pertinence et les pistes d’amélioration de sa séance, à partir d’une analyse critique fondée notamment sur l’observation des pratiquants.
- SC 5, Encadrer une séance qui s’inscrit dans une progression cohérente au regard des capacités du public & des principes fondamentaux du judo : Le candidat est capable :
- De conduire des démonstrations techniques en explicitant les principes d’efficacité qu’il compte transmettre ;
- De varier les approches pédagogiques en proposant des démonstrations, des jeux, des mises en situations, des thèmes, et/ou des exercices conventionnels
- De mobiliser les exercices conventionnels (Tandoku Renshu, Uchi Komi, Nage Komi, Yaku Soku Geiko, Kakari Geiko, Randori) à bon escient ;
- D’observer les pratiquants et de formuler des feedbacks adaptés à leurs comportements ;
- D’avoir une attitude dynamique et inspirante qui incite à pratiquer, à essayer, à s’engager.
- SC 6, Garantir la sécurité, l’intégrité physique et morale du pratiquant : Le candidat est capable :
- D’interagir avec une attitude adaptée à l’âge et au niveau du public, dans une posture conforme aux valeurs fondamentales du judo
- De proposer des situations qui ne mettent pas en danger l’intégrité physique et morale du pratiquant
- D’intervenir immédiatement s’il observe une situation à risque, afin d’y mettre un terme
- D’expliquer les principales conduites à tenir en cas d’accident (les titulaires du PSC1 sont dispensés des questions portant sur les conduites à tenir en cas d’accident.
E3. Sur le plan de la culture générale (UC3)
Le / la titulaire du BF3 – EB de la FPJ doit connaître et incarner les valeurs fondamentales de la culture judo pour mieux contribuer à leur transmission dans un contexte associatif fédéral. Cette compétence se décompose en 2 sous compétences :
- SC 7, Expliquer les principes fondamentaux de la culture judo: Le candidat doit être capable d’expliquer les bases éducatives du judo et d’illustrer leur application dans son parcours personnel en tant que judoka mais aussi en tant qu’individu.
- SC 8, Expliquer et intervenir dans un environnement associatif : Le candidat est capable d’expliquer et d’appliquer :
- Les principales règles d’arbitrage et d’organisation qui régissent une compétition (les valeurs, les principales sanctions, la différence entre une poule et un tableau, les repêchages, les principaux gestes de l’arbitre, la durée des combats, l’organisation d’une poule ou d’un tableau)
- Les principaux éléments qui caractérisent une association affiliée à une fédération (l’intérêt des statuts, distinction entre licence et adhésion, organisation globale d’une association)
F. EPREUVES – BF3
F1. Une épreuve technique (UC1)
F1.1 Déroulement de l’épreuve
L’épreuve technique consiste en une démonstration permettant, à la demande du jury, d’évaluer les 3 sous – compétences techniques :
- Partie 1 (Connaissance Tachi Waza & Ne Waza) : Le candidat démontre au choix du jury, en statique et en dynamique lorsque les techniques s’y prêtent :
- 2 Te waza,
- 2 AShi Waza,
- 2 Koshi Waza,
- 2 Sutemi Waza
- 2 Osaekomi Waza
- 1 Kansetsu Waza
- 1 Shime Waza
- Partie 2 (Approche dynamique du Ne Waza & du Tachi Waza) : Le candidat effectue un exercice de type Yaku Soku Geiko, Karari Geiko ou Randori (au choix du candidat) au cours duquel il doit réaliser des enchaînements ou des combinaisons cohérentes de plusieurs techniques (2 minutes en Tachi Waza et 1 minute en Ne Waza). L’épreuve permet d’apprécier la forme de corps du candidat dans les rôles de TORI et de (Les sportifs de haut niveau, les membres permanents ou réguliers du CPP ainsi que les sélectionnés aux Jeux du Pacifique sont dispensés de cette épreuve)
- Partie 3 (démonstration pédagogique en Tachi Waza & Ne Waza) : Le candidat doit présenter :
- Une progression de 3 retournements conclus par une technique de Ne Waza à partir d’une position de référence de son choix (position quadrupédique, à plat ventre, UKE entre les jambes de TORI ou inversement). Le / la candidat(e) commente sa démonstration notamment pour exprimer les réactions attendues de UKE et les principes d’action de TORI.
- Une démonstration d’une technique de Tachi Waza parmi celles tirées au sort par le jury, au cours de laquelle le / la candidat(e) explique les principes d’action (Kuzuchi – Tsukuri – Gake) et deux enchaînements ou combinaisons possibles, en dynamique, en fonction des réactions de
- Partie 4 (Kata): Le / la candidat(e) doit réaliser les 2 dernières séries du Nage No Kata (L’UV1 dominante technique du 1er Dan et l’UV1 du 2ème Dan valident cette épreuve)
F1.2 Grille d’évaluation
| Épreuve Technique BF3 Date de passage : Prénom du candidat NOM du candidat | 0 | 0,5 | 1 | 1,5 | 2 | ||
| Méconnaissance | Réalisation très approximative | Connaissance théorique, dificultés de réalisation | Respect des principes fondamentaux de la technique | Excellence de la forme de corps | |||
| SC 1 | Te Waza | Ippon Seoi Nage / Seoi Otoshi / Eri Seoi Nage / Morote Seoi Nage / Kataguruma | |||||
| Te Guruma / Morote Gari / Kuchiki Taoshi / Tai Otoshi / Uki Otoshi | |||||||
| Ashi Waza | O uchi Gari / Ko Uchi Gari / O soto Gari / Ko Soto Gake / De ashi Barai | ||||||
| Okuri Ashi Barai / Harai Tsuri Komi Ashi / Hiza Guruma / Sasae Tsuri Komi Ashi / Ashi Guruma | |||||||
| Koshi Waza | O goshi / Uchi Mata / Harai Goshi / Sode Tsuri Komi Goshi / Hane Goshi | ||||||
| Tsuri Komi Goshi / Koshi Guruma / Kubi Nage / Utsuri Goshi / Ushiro Goshi | |||||||
| Sutemi Waza | Tomoe Nage / Sumi Gaeshi / Yoko Tomoe Nage / Tani Otoshi | ||||||
| Yoko Guruma / Ko Uchi Makikomi / Soto Makikomi / Yoko Otoshi / Uki Waza | |||||||
| Osaekomi Waza | Yoko Shiho / Tate Shiho / Kami Shiho | ||||||
| Hon Gesa / Ushiro Gesa / Makura Gesa | |||||||
| Kansetsu Waza | Juji Gatame / Ude Gatame / Ude Garami Hara Gatame / Waki Gatame / Hiza Gatame | ||||||
| Shime Waza | Sankaku Jime / Hadaka Jime /Gyaku-Nami-Kata Juji Jime / Kata Ha Jime / Kata Te Jime / Okuri Eri Jime | ||||||
| Résultat SC 1 | Note : / 24 pts | ||||||
| Barème | 0 | 1,5 | 3 | 4,5 | 6 | ||
| SC2 | SC2.1 Démo Pédagogique | Tachi Waza | |||||
| Ne Waza | |||||||
| SC2.2 Démo dynamique | Exo conventionnel Tachi Waza | ||||||
| Exo conventionnel Ne Waza | |||||||
| Résultat SC 2 | Note : / 24pts | ||||||
| Barème | 0 | 0,5 | 1 | 1,5 | 2 | ||
| SC3 | Nage No Kata | Cérémonial | |||||
| Chronologie | |||||||
| Déplacements | |||||||
| Attitude martiale | |||||||
| Rythme | |||||||
| Compétences en tant que UKE | |||||||
| Tomoe Nage | |||||||
| Ura Nage | |||||||
| Sumi Gaeshi | |||||||
| Yoko Gake | |||||||
| Yoko Guruma | |||||||
| Uki Waza | |||||||
| Résultat SC 3 | Note : / 24 pts | ||||||
| Appréciation du jury :
|
|||||||
F2. Une épreuve pratique (UC2 & UC3)
F2.1 Déroulement de l’épreuve
L’épreuve pratique permet d’évaluer les sous-compétences 4 à 8, en deux temps :
- La conduite d’une séance de 45 minutes minimum, réalisée, si possible :
- Au sein du club du candidat
- Avec un public débutant ou un public de pratiquants licenciés jusqu’à la ceinture marron
- Un entretien de 20 à 25 minutes maximum au cours desquelles le candidat doit répondre aux questions du jury sur :
- Le sens et les explications de sa séance au regard d’un cycle, d’une progression, du niveau de pratique des judokas encadrés (10 à 15 minutes maximum)
- La sécurité du pratiquant (2-3 minutes maximum)
- La culture générale du pratiquant, en matière d’arbitrage, de culture judo, de connaissance du milieu associatif (5 à 10 minutes maximum)
F2.2 Grille d’évaluation
| Épreuve Pratique BF3 Date de passage : Prénom du candidat NOM du candidat | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | ||
| Présente un danger | Non acquis | En cours d’acquis. | Acquis | Excellent | |||
| SC 4 | Concevoir une séance qui fait sens dans un cycle d’initiation ou d’apprentissage | Présente la séance avec un document structuré | |||||
| Cohérence du thème pour la progression du public | |||||||
| Réaliser une évaluation cohérente de la séance | Analyse de la séance qui s’appuie sur des observables | ||||||
| Propose des régulations pertinentes | |||||||
| Justifier son intervention | Justifie ses méthodes d’intervention | ||||||
| Situe l’intérêt des exercices au regard du thème | |||||||
| Résultat SC 4 | Note : / 24 pts | ||||||
| SC 5 | Encadre la séance avec une attitude pédagogique adaptée à la fonction | Explicite les principes d’efficacité lors des démonstrations | |||||
| Donne des consignes claires et audibles | |||||||
| Faire appliquer les consignes données | |||||||
| Varie les approches (démo, jeux, éducatifs, ect…) | |||||||
| Utilise les exercices conventionnels à bon escient | |||||||
| Formule des feedbacks pertinents (forme et fond) | |||||||
| Résultat SC 5 | Note : / 24 pts | ||||||
| SC 6 | Garantit l’éthique, l’intégrité physique et morale des pratiquants | Respecter les valeurs du judo dans ses interventions | |||||
| Interagit avec une attitude qui favorise l’engagement | |||||||
| Explicite les consignes de sécurité & les fait respecter | |||||||
| Propose des situations sans danger pour les pratiquants | |||||||
| Le cas échéant met fin aux situations dangereuses | |||||||
| Connait les conduites à tenir en cas d’accident | |||||||
| Résultat SC 6 | Note : / 24 pts | ||||||
| Barème | 0 | 3 | 6 | ||||
| SC 7 | Principes du judo | Q1 | |||||
| Q2 | |||||||
| Lexique enseignant | Q1 | ||||||
| Q2 | |||||||
| Résultat SC 7 | Note : / 24 pts | ||||||
| SC8 | Arbitrage | Q1 | |||||
| Q2 | |||||||
| Vie associative | Q1 | ||||||
| Q2 | |||||||
| Résultat SC 8 | Note : / 24 pts | ||||||
| Appréciation du jury :
|
|||||||
G. EQUIVALENCES – BF3
- L’UV2 du 1er Dan valide la SC1 ;
- L’UV1 du 2ème Dan valide la SC3 ;
- L’UV1 du 1er Dan expression technique valide la SC3 ;
- Les candidat(e)s titulaires du diplôme d’Arbitre fédéral B et au -delà, expérimenté(e)s dans l’arbitrage et/ou la tenue de tables sont dispensés de questions sur l’arbitrage ;
- Les présidents d’association sont dispensés de questions sur le fonctionnement associatif ;
- Le PSC1 dispense les candidats de questions sur les conduites à tenir en cas d’accident ;
- Les titulaires du 2ème Dan, les SHN, les sélectionnés aux Jeux du Pacifique et les membres réguliers ou permanents du CPP sont dispensés de la SC2.2.
H. VALIDATION DU DIPLOME – BF3
H1. Grille de résultats
Prénom du/de la candidat(e) :
NOM du / de la candidat(e) :
| Compte rendu épreuves BF3
(Préciser les notes pour chaque SC) |
Acquis
(Minimum 14/24) |
En cours
(Minimum 10/24) |
Non acquis
(Inférieur à 10/24) |
| SC1 : Connaissance et réalisation Tachi Waza / Ne Waza | |||
| SC2.1 : Démonstration Pédagogique Tachi Waza / Ne Waza | |||
| SC2.2 : Démonstration dynamique Tachi Waza / Ne Waza | |||
| SC3 : Connaissance et réalisation du Nage No Kata | |||
| SC4 : Concevoir & justifier une séance dans un cycle | |||
| SC5 : Encadrer une séance en autonomie | |||
| SC6 : Garantir la sécurité des pratiquant(e)s | |||
| SC7 : Transmettre la culture Judo | |||
| SC8 : Intervenir dans un environnement associatif |
Appréciation du jury
H.2 Validation du diplôme
Pour chaque Sous – Compétence, le jury se prononce en proposant la mention :
- Acquise
- En cours d’acquisition
- Non acquise
Pour valider la certification, le / la candidat(e) doit valider la totalité des sous-compétences.
I. CONTENUS DE FORMATION DU BF3 (EB)
I.1 LE PROGRAMME TECHNIQUE
I1.1 LES TE WAZA (techniques de bras, de main)
-
- Les formes GURUMA: Projection en roue autour
- KATA GURUMA : Roue autour des épaules
- TE GURUMA : Roue autour de la main (pas au programme)
- Les formes SEOI NAGE : Projection en chargement sur le dos au-dessus de l’épaule
- ERI SEOI NAGE : Chargement par un coté avec revers
- IPPON SEOI NAGE : Chargement par un côté
- MOROTE SEOI NAGE : Chargement à l’aide des 2 mains
- Les formes OTOSHI
- TAI OTOSHI : Renversement du corps
- ERI OTOSHI : Renversement par un côté avec revers
- MOROTE OTOSHI : Renversement avec les deux mains
- UKI OTOSHI : Renversement en coup de vent
- Les formes GURUMA: Projection en roue autour
I.1.2 LES ASHI WAZA (techniques de jambe, de pied)
- Les BARAI (formes balayées)
- DE ASHI BARAI : Balayage du pied avancé
- HARAI TSURI KOMI ASHI : Balayage du pied en pêchant
- OKURI ASHI BARAI : Balayage des deux pieds en déplacement
- Les GARI (formes fauchées)
- KO SOTO GARI : Petit fauchage extérieur
- KO UCHI GARI : Petit fauchage intérieur
- O SOTO GARI : Grand fauchage extérieur
- O UCHI GARI : Grand fauchage intérieur
- Les GAKE (formes accrochées)
- KO SOTO GAKE : Petit accrochage extérieur
- KO UCHI GAKE : Petit accrochage intérieur
- Les GURUMA (roue autour de)
- ASHI GURUMA : Enroulement autour de la jambe
- HIZA GURUMA : Roue autour du genou
- Autres formes :
- SASAE TSURI KOMI ASHI : Blocage du pied en pêchant
- UCHI MATA : Fauchage par l’intérieur de la cuisse
I.1.3 LES KOSHI WAZA (les techniques de hanche)
- HARAI GOSHI : Balayage par la hanche
- HANE GOHI : Hanche sautée
- KOSHI GURUMA : Roue autour de la hanche
- O GOSHI : Grande (projection de) hanche
- TSURI KOMI GOSHI& SODE TSURI KOMI GOSHI: Projection de la hanche en tirant et pêchant
- UCHI MATA : Projection par l’intérieur de la cuisse
- UKI GOSHI : Hanche flottante
- UTSURI GOSHI : Hanche déplacée
I1.4 LES SUTEMI WAZA (les techniques de sacrifice)
- Les formes MAKIKOMI (Formes enroulées)
- KO UCHI MAKIKOMI : Petit enroulement intérieur
- SOTO MAKI KOMI : Enroulement extérieur
- Les formes GAESHI (Contres ou renversements)
- SUMI GAESHI : Renversement dans l’angle
- Les formes MAE (Dans l’axe)
- TANI OTOSHI: Chute dans la vallée
- TOMOE NAGE : Projection en cercle
- URA NAGE : Projection en renversement
- Les formes YOKO (Sur le côté)
- YOKO GAKE : Accrochage latéral
- YOKO GURUMA : Roue latérale (de coté)
I.1.5 LES OSAEKOMI WAZA (techniques d’immobilisation)
- Les formes GESA (par le travers)
- HON GESA GATAME : Contrôle fondamental par le travers
- USHIRO GESA GATAME : Contrôle par le travers en arrière
- MAKURA GESA GATAME : Contrôle par le travers en oreiller
- Les Formes SHIHO (par les 4 coins)
- KAMI SHIO GATAME : Contrôle des quatre coins par le dessus
- TATE SHIO GATAME : Contrôle longitudinal des quatre coins
- YOKO SHIHO GATAME : Contrôle latéral des quatre coins…
I.1.6 LES KANSETSU WAZA (techniques de luxation)
- Les formes UDE HISHIGI (bras incarcéré)
- UDE HISHIGI HARA GATAME: Luxation du bras incarcéré, tendu en contrôle par le ventre
- UDE HISHIGI JUJI GATAME : Luxation sur le bras incarcéré, tendu en croix
- UDE HISHIGI WAKI GATAME: Luxation par contrôle du bras incarcéré, tendu sous l’aisselle
- Les autres formes
- HIZA GATAME: Luxation du coude par contrôle du genou
- UDE GARAMI : Luxation du coude par entrelacement du bras
- UDE GATAME: Luxation du coude par contrôle du bras
I.1.7 LES SHIME WAZA (techniques d’étranglement)
- Les formes JUJI JIME: Etranglements en croix
- GYAKU JUJI JIME : Etranglement en croix inversé
- KATA JUJI JIME : Etranglement en croix d’un coté
- NAMI JUJI JIME : Etranglement en croix normal
- Les autres formes :
- HADAKA JIME : Etranglement à mains nues
- KATA HA JIME : Etranglement en contrôlant un côté
- MOROTE JIME : Etranglement avec les deux mains
- OKURI ERI KIME : Etranglement glissé par les deux revers
- SANKAKU JIME : Etranglement en triangle
I.1.8 Nage No Kata
Les 5 séries du Nage No Kata
I.2 PROGRAMME PEDAGOGIQUE – BF3 – EB
I2.1 Situer une séance dans la progression du judoka
I2.1.1 La progression française, un repère pour construire un cycle
La progression française du judo s’appuie sur une démarche visant à proposer une évolution progressive des apprentissages. Elle repose sur une montée en compétences structurée autour des grades (ceintures) et des attendus associés. Elle suit une logique allant :
- Du jeu vers le combat
- Du simple vers le complexe
- Du contrôlé vers l’opposition réelle
Cette progression est structurée en 4 étapes
Découverte / éveil (blanche à jaune)
Le judoka apprend à évoluer dans un cadre sécurisé :
- Règles du dojo (salut, respect, écoute)
- Déplacements, postures, prise de garde
- Premières chutes (Ukemi)
- Premières projections simples
- Immobilisations de base au sol
Pour ce public, l’approche se veut plutôt ludique : jeux d’opposition, motricité, coordination.

Construction technique (jaune à orange)
Le judoka entre dans une logique de structuration :
- Amélioration des chutes et déplacements
- Acquisition des grandes familles techniques (fauchages, balayages, projections de hanche…)
- Premiers enchaînements debout et debout – sol
- Développement du contrôle (sécurité et précision)
Dans cette deuxième étape, on peut considérer que l’enfant apprend à “faire judo” et à comprendre les principes : déséquilibrer, placer, projeter, immobiliser.

Approfondissement / efficacité (verte à bleue)
Lors de cette 3ème étape, le judoka développe des compétences plus tactiques :
- Enchaînements variés et combinaisons
- Contre-attaques simples
- Gestion de l’espace et du rythme
- Transitions rapides debout-sol
- Sorties d’immobilisation plus complexes
L’objectif est d’apprendre à s’adapter à un adversaire et à commencer à construire une stratégie.

Maîtrise et spécialisation (marron à noire)
Le judoka cherche l’efficacité dans un cadre plus proche de la compétition :
- Techniques avancées, variations, opportunités
- Travail sur les formes de corps (Tai-Sabaki, timing)
- Randori plus exigeant
- Autonomie technique et tactique
On vise un judoka capable de construire son judo personnel, tout en respectant les principes fondamentaux.

C2.2. Deux grands styles pédagogiques
C2.2.1 Pédagogie du modèle et approche analytique
La pédagogie du modèle, souvent dispensée dans une approche analytique, est l’école dominante de l’enseignement du judo, notamment pour les publics confirmés. Elle est fondée sur une approche techniciste qui consiste à :
- Démontrer le geste juste en isolant Tsukuri – Kuzushi et Gake et en décortiquant les principes d’efficacité de la technique en forme statique
- Inviter le pratiquant à expérimenter, seul (Tendoku Renshiu) ou avec un partenaire
- Répéter jusqu’à ce que le geste juste soit automatisé (Uchi Komi et Nage Komi)
- Complexifier la situation en introduisant le déplacement (Uchi Komi, Nage Komi en déplacement & Yaku Soku Geiko), puis l’opposition (Karkarei Geiko)
- Situer la technique dans des contextes tactiques qui permettent de montrer des évolutions d’application (Variations de posture, de Kumikata, combinaisons de mouvements, etc…)
- Mettre en pratique le geste juste dans des situations d’opposition (Randori)
En fait, cette manière de procéder consiste à donner le mode d’emploi avant de pratiquer. Cette pratique ancestrale a démontré son efficacité. Elle est d’autant plus pertinente que le modèle propose une démonstration de qualité, avec une bonne capacité d’explication, d’observation et de correction, fondées sur son expérience et sa maîtrise du judo.
Comme toutes les méthodes elle comporte aussi ses limites. Fondée sur la répétition, elle peut s’avérer plus ennuyeuse pour des publics plus jeunes. Ce jugement de valeur n’est qu’une hypothèse qui reste à relativiser. Outre le modèle pédagogique, la personnalité de l’enseignement est un élément important de son efficacité pédagogique.
C2.2.2 Pédagogie de la découverte et approche situationnelle
Les pédagogies dites de la découverte, défendues par la progression française de judo, notamment pour les plus jeunes, font référence à une approche plus globale qui consiste à :
- Proposer des situations d’opposition qui confrontent l’apprenant à un problème pour lequel il n’a pas de solution préétablie
- Mettre en place des consignes qui permettent d’expérimenter des solutions par soi-même, sans avoir été guidé au préalable
- Inviter ceux qui ont réussi à analyser puis à expliquer comment ils ont fait
- S’appuyer sur les comportements efficaces pour formaliser les bonnes pratiques
- Répéter les solutions qui conviennent le mieux à chacun
Ce type de méthode permet de créer de l’enthousiasme et du plaisir par une confrontation immédiate au jeu. Entrer par le jeu, puis analyser l’expérience vécue permet aussi de faire réfléchir le pratiquant, ce qui en théorie renforce les apprentissages.
Il s’agit de jouer de manière plus intuitive et plus personnelle, avant même de lire le mode d’emploi. Elle paraît plus ludique et donc plus adaptée aux enfants dans les phases de découverte du judo, même si là encore tout dépend de la personnalité de l’enseignant et de la pertinence des situations proposées.
Ce type de pédagogie active permet donc d’apprendre par l’expérience en privilégiant l’action par :
- Des situations de recherche
- Des jeux d’opposition
- Des randori éducatifs ou des Karari Geiko
- Des répétitions technique qui prennent sens en tant que solution à un problème d’action
C2.2.3 Conclusion sur les méthodes pédagogiques
La littérature scientifique a démontré depuis bien longtemps que l’apprentissage est meilleur quand :
- L’activité a du sens pour celui qui apprend
- L’apprenant est libre et autodéterminé (motivation intrinsèque), au moins de temps en temps, plutôt que d’être contraint en permanence par des punitions ou des récompenses (motivation extrinsèque).
- Le pratiquant ressent des émotions en pratiquant, plus qu’en écoutant.
Autrement dit, on fait mieux ce qu’on veut faire que ce qu’on doit faire et qu’on a confiance en soi, on retient mieux les choses quand on vibre dans la pratique plutôt que d’écouter de longs discours. Au final, peu de gens apprécient :
- De s’ennuyer
- D’être jugé incompétent en permanence
- De ne jamais avoir le choix
- De recevoir des ordres
- De ne jamais pouvoir prendre des initiatives personnelles, quitte à échouer
C2.3 Formuler des feedbacks efficaces
Le Feedback est « l’information donnée en retour » aux pratiquants. C’est un outil fondamental du Sensei (littéralement celui qui a vécu avant) pour aider le pratiquant à apprendre et à progresser.
C2.3.1 Le feedback traditionnel, ses avantages et inconvénients
Le feedback traditionnel s’appuie sur le mécanisme suivant :
- L’observation généralement silencieuse du pratiquant
- Un jugement de valeur fondé sur l’analyse des comportements du pratiquant, comparés aux attentes de l’enseignant. Ce jugement silencieux ou explicité par l’enseignant, permet de classer l’action en deux catégories :
- Option 1 : L’action est conforme aux attentes fixées par l’enseignant qui observe. En général, ce dernier félicite le pratiquant (« C’est bien»). Il arrive ensuite que l’enseignant repère et souligne les principes d’efficacités respectés par le pratiquant (« Tu as bien tiré sur la manche »), ce qui peut renforcer l’acquisition et la confiance du pratiquant qui intègre « la bonne façon de faire », du point de vue de l’enseignant.
- Option 2 : L’action n’est pas conforme aux attentes fixées par l’enseignant qui observe. En général, ce dernier exprime son jugement (« Ce n’est pas bien »), repère et souligne les principes d’efficacités non respectés (« Tu n’as bien tiré sur la manche »), et dans le meilleur des cas, encourage le pratiquant à recommencer en intégrant son conseil pour se rapprocher de « la bonne façon de faire», de son point de vue.
Le feedback traditionnel porte plutôt son attention sur ce qui n’a pas fonctionné. La culture perfectionniste du judo amène souvent les enseignants à choisir l’option 2, avec l’idée que « ce n’est jamais assez bien ». Cette manière ancestrale de motiver les pratiquants à faire mieux, a le mérite d’être rapide. Elle peut s’avérer efficace, dès lors que celui qui observe, juge et conseille possède une expérience et des connaissances avérées, qui lui permettent d’exprimer un jugement fiable et des conseils pertinents. En outre, elle sera d’autant plus intéressante que les jugements et conseils sont formulés avec bienveillance (cf paragraphe suivant).
Pour autant, le fait de demander la perfection tout en sachant qu’elle n’existe pas, risque de générer une motivation fondée sur la culpabilité face à l’erreur, et la frustration de ne jamais réussir vraiment. Enfin, si le jugement et les causes du comportement d’échec ne sont pas suivis d’un conseil, cette stratégie dite d’évitement de l’erreur a pour autre limite que l’apprenant doit s’imaginer le comportement à ne plus reproduire plutôt que de porter son attention sur les principes d’efficacité vers lesquels il doit tendre. En effet, pour l’apprenant comme pour tout être humain, arrêter de penser à ce qu’il ne faut pas faire est plus difficile que de penser à ce qu’il veut faire. Essayez d’arrêter de penser au drapeau polynésien, et vous verrez que cela vous demandera sans doute un effort.
C2.3.2 Exprimer le feedback avec bienveillance
Dans tous les cas, les techniques de communication non violentes permettent de conserver l’efficacité potentielle du feedback traditionnel, même si celui – ci a tendance à se focaliser sur les erreurs. Pour cela, l’enseignant pourra :
- Evaluer les comportements observables et observés (« sur cette action, ce que j’ai vu, etc… ») et pas la personne toute entière.
- Porter son attention aussi sur les éléments positifs, ce qui a fonctionné, sur ce qu’il a apprécié et pas uniquement sur ce qui n’a pas fonctionné
- Utiliser des expressions qui permettent d’exprimer un point de vue sur ce que vous avez observé, plutôt qu’une vérité:
- « Ce que j’ai apprécié» plutôt que « c’est bien »
- « Il me semble que», « j’ai trouvé que », « à mon avis »
- Exprimer des hypothèses de causes plutôt que des certitudes
- « A mon avis, le problème vient de là» plutôt que « le problème c’est ça »
- Utiliser des suggestions plutôt que d’imposer ses conseils et ses ordres :
- « Peut-être pourrais- tu faire comme-ci » ou « je te propose de faire comme ça » plutôt que des ordres comme « fais comme ça» ou « il faut faire ceci ou cela »
C2.3.3 Créer une culture de l’auto-feedback
Aussi il existe d’autres façons d’opérer. En effet, la littérature scientifique a démontré dans le domaine de l’EPS qu’il est préférable de faire réfléchir l’apprenant sur sa pratique, plutôt que donner de systématiquement des solutions toutes faites. C’est un levier d’apprentissage très efficace. De plus, se priver du point de vue de celui qui vit l’action de l’intérieur, c’est évaluer les choses de manière partielle et superficielle. Dans tous les cas, même si le pratiquant ne sait pas toujours pourquoi ni comment il a fait pour réussir ou échouer, il reste le mieux placé pour donner des indices à l’enseignant.
Pour mettre en place un auto – feedback constructif, il est important d’inviter le pratiquant à analyser ses réussites autant que ses échecs en posant des questions ouvertes qui l’aident à analyser ce qu’il vient de faire plutôt que de l’enfermer dans ce que l’enseignant pense être l’unique point de vue valable. « Sur cette action qu’as-tu ressenti ? » ou encore « Peux-tu me décrire comment tu as fait ? » sont des questions qui facilitent l’auto-feedback.
I.3 PORGRAMME DE CULTURE GENERALE
I.3.1 LEXIQUE DES FORMES DE CORPS ET FONDAMENTAUX
-
- Culture et transmission :
- BUSHIDO : les valeurs morales traditionnelles des samouraïs
- BU ou BUSHI : le guerrier
- DAN : échelon
- SHO DAN : Ceinture Noire 1er DAN
- DO : La voie
- DOJO : Lieu d’étude
- JUDO : Voie de la souplesse
- KODOKAN : Ecole pour l’étude de la voie, dojo de Jigoro Kano (fondé en 1882)
- GOKYO : 5 principes d’enseignement
- KIAI : Union des esprits (utilisé pour évoquer le cri qui libère l’énergie)
- JU-JITSU : Techniques de la souplesse KOHAI : Le débutant
- KYU : Classe (utilisé pour les grades inférieurs à la ceinture noire)
- SAMOURAI : Soldat noble
- SATORI : La compréhension, l’éveil spirituel, exprime un état de vigilance, d’éveil et de compréhension
- SENSEI : Le professeur, celui qui a vécu ou qui est né avant
- SHIN – GI – TAI :
- SHIN : L’esprit (ZANSHIN, l’esprit alerte)
- KI (GI) : La force intérieure
- TAI : Le corpsA
- La structure de la séance :
- REI : Saluez (signifie aussi « zéro »)
- RITSU REI : Salut debout
- ZA REI : Salut à genoux
- HAJIME : Commencez
- JUDOGI : Tenue de judo
- MATTE : Arrêtez
- NE WAZA : L’art des techniques couché
- SORE MADE : Arrêtez (pour la fin d’un combat, d’une séance)
- TACHI WAZA : L’art des techniques debout
- TORI : Prendre, celui qui fait l’action
- UKE : Recevoir, subir l’action
- REI : Saluez (signifie aussi « zéro »)
- COMPTER de 1 à 10en japonais : Ichi (1), Ni (2), San (3), Shi (4), Go (5), Rocku (6), Shichi (7), Hachi (8), Kyuu (9) Juu (10)
- Les exercices conventionnels et modes d’intervention:
- Les UKEMI : Brise chute
- MAE UKEMI : Chute avant
- YOKO UKEMI: Chute latérale
- USHIRO UKEMI: Chute arrière
- Les KOMI (Pénétrer profondément)
- NAGE KOMI : Vient de Nage (Projeter) et Komi (Pénétrer profondément), le Nage Komi est un exercice de répétition de projections
- UCHI KOMI : Vient de Uchi (Frapper perpendiculairement, ou l’intérieur) et Komi (Pénétrer profondément), l’Uchi Komi est un exercice de répétition d’entrées de mouvements sans projection
- Les GEIKO : Exercice d’entraînement, de mise en pratique
- KAKARI GEIKO : Vient de Kakaru (s’accrocher) et de Hikkakaru (sauter sur quelque chose), Tobikakaru exprime la constance et la Le Kakari Geiko est un exercice convenu (exercice d’opposition où chacun à un rôle convenu) TORI est celui qui respecte les consignes dans son rôle d’attaquant, et UKE celui qui respecte les consignes dans son rôle de défenseur.
- YAKU SOKU GEIKO : Vient de Yakusoku (conventionnel), c’est un entraînement souple et libre, en déplacement, sans pression ni opposition. Il n’y a ni TORI ni UKE, mais 2 pratiquants en recherche d’opportunité.
- Autres exercices :
- TATE : signifiant « Vertical », le Tate est généralement utilisé pour préparer le combattant à la compétition, en tant qu’exercice d’enchaînement de plusieurs combats sans repos pour une partie des pratiquants d’une séance)
- TANDOKU RENSHU : Vient de Tandoku (seul) et de Renshuru (pratique), le Tandoku Renshu est un exercice d’entraînement solitaire, sans UKE, dans le vide
- RANDORI : Vient de Ran (libre) et Dori (saisie), le Randori est un exercice d’opposition libre au cours duquel la saisie est sensée être libre, au sens où elle ne doit pas être le cœur de l’interaction. Dans les faits, la préparation au SHIAI amène souvent les compétiteurs à intégrer la bataille de KUMIKATA au RANDOR
- KATA : Signifiant « la forme », le Kata regroupe des séries formelles de mouvements destinés à démontrer les principes du judo.
- MONDOO: Vient de MON (questionne) et TOO (solutions), le Mondo est un moment d’échanges entre pratiquants pour questionner une situation et trouver ensemble des solutions
- Les UKEMI : Brise chute
- Les formes de corps et les habiletés fondamentales :
- ASHI : Les pieds, les jambes
- ASHI WAZA – L’art des techniques de jambes
- AYUMI ASHI : Marche naturelle (en croisant les pieds)
- TSUGI ASHI : Déplacement glissé par pas successifs (sans croiser les pieds
- HIDARI : Gauche
- KANSETSU : Luxation
- KANSETSU WAZA – L’art de la luxation
- KATAME : Contrôle
- KATAME WAZA – L’art du contrôle, de l’immobilisation
- KOSHI : Les hanches
- KOSHI WAZA – L’art des techniques de hanche
- KUMI KATA : Saisie
- KUZURE : Variante
- MIGI : Droite
- NAGE WAZA: L’art de la projection
- NE WAZA : L’art des techniques couché
- SHIME : Etranglement
- SHIME WAZA – l’art des étranglements
- SUTEMI : Le sacrifice
- SUTEMI WAZA – L’art des techniques de sacrifice
- TE : La main, les bras
- TE WAZA – L’art des techniques de bras, de mains
- TAI SABAKI : Esquiver, tourner, défendre ou attaquer par une rotation du corps
- TOKUI WAZA : Technique favorite
- TSUKURI–KUZUSHI–KAKEest un outil pédagogique et pour des raisons de compréhension et d’apprentissage, on l’enseigne généralement en trois temps distincts. Mais ce n’est pas forcément le cas : chacun des trois principes se fond dans les deux autres et il est bien difficile de les séparer de façon nette et précise
- TSUKURI : La stratégie, au sens de l’art d’utiliser la distance (« ma ») et la tactique appropriées pour piéger l’adversaire en l’amenant là où l’on a décidé de l’amener.
- KUZUSHI : Déformer, rompre la position (utilisé pour évoquer le déséquilibre physique et mental)
- KAKE (GAKE): Mouvement positif, Exécution (L’action finale de projection
- WAZA : L’art, le savoir faire
- ASHI WAZA – L’art des techniques de jambe
- KANSETSU WAZA – L’art des techniques de luxation
- KATAME WAZA – L’art du contrôle, de l’immobilisation
- KOSHI WAZA – L’art des techniques de hanche
- SHIME WAZA – l’art des techniques d’étranglement
- SUTEMI WAZA – L’art des techniques de sacrifice
- TACHI WAZA : L’art des techniques debout
- TE WAZA – L’art des techniques de bras, de mains
- ASHI : Les pieds, les jambes
- La structure de la séance :
- BUSHIDO : les valeurs morales traditionnelles des samouraïs
- Culture et transmission :
I3.2 Les Grands principes du Judo
Le judo est généralement présenté comme une école de la vie par ses professeurs et ses dirigeants. C’est en tout cas l’intention de son créateur Jigoro Kano qui s’est inspiré du JU-JITSU (technique de souplesse) pour créer le JUDO (voie de la souplesse). Le mot « voie » montre bien que le judo est un chemin éducatif, spirituel, personnel, et pas uniquement une discipline sportive dont le seul intérêt serait de maitriser la « technique » ou de dominer l’adversaire simplement pour terminer premier. L’une des citations attribuées à Jigoro Kano évoque bien cette idée : « Ce n’est pas important d’être meilleur que quelqu’un d’autre, mais d’être meilleur qu’hier ».
En fait, le judo est fondé sur 3 grands principes qui synthétisent la pensée de Kano :
- JITA KYOEI : « Prospérité mutuelle par l’union des forces», généralement traduit par « Entraide et prospérité mutuelle ». Ce principe accorde un rôle aussi déterminant à TORI (celui qui pratique) qu’à UKE (celui qui subit). Sans l’autre, qu’il soit adversaire ou partenaire, pas d’opposition ni de collaboration, pas d’interactions et donc pas d’apprentissage efficace du judo. Apprendre à accepter le rôle de UKE, à considérer l’échec comme une manifestation de l’apprentissage, grâce à mon adversaire, ce sont aussi des enseignements importants du judo.
- JU NO RI : «Le principe de non résistance, de souplesse du corps et de l’esprit ». Ce principe est né de l’observation des branches de cerisiers enneigés. Les grosses cassent sous le poids de la neige parce qu’elles sont rigides. Les plus petites, parce qu’elles sont plus souples, plient dans le sens de la gravité comme pour se débarrasser de la neige, sans se briser. Ce principe prévaut dans de nombreuses situations du judo, où il est question d’utiliser la force de l’adversaire pour le renverser plutôt que de s’y opposer. Mais au-delà du judo, ce principe consiste dans la vie, à faire avec plutôt que contre les vents défavorables.
- SERIOKU ZENYO : « Le meilleur emploi de l’énergie». L’application de ce principe permet de ne pas gaspiller son énergie. Il contient la notion d’efficience (l’efficacité au moindre coût énergétique) permise par le placement parfait sur une technique. Mais derrière ce principe se cache aussi la nécessité d’être concentré, présent tout entier dans l’instant, plutôt que d’éparpiller son attention en faisant plusieurs choses en même temps.
Ainsi la voie de la souplesse n’est pas uniquement celle du corps. Le judoka « éveillé » l’est dans une approche SHIN (l’esprit) – GI (la force intérieure) – TAI (le corps). Elle est également inspirée du BUSHIDO (les valeurs morales traditionnelles des samouraïs), dont la Fédération Française de Judo s’est elle – même inspirée pour créer le code moral et ses 8 valeurs (Politesse, Courage, Sincérité, Honneur, Modestie, Respect, Contrôle de soi, Amitié) affichées dans de nombreux DOJO (lieux d’étude de la voie)
I.4 L’organisation fédérale
I4.1 La Fédération Polynésienne de Judo (FPJ)
La FPJ regroupe les clubs et leurs licenciés, au sein d’une même association. Son rôle est :
- De promouvoir, c’est-à-dire de représenter le judo et ses disciplines associées mais aussi de véhiculer leurs valeurs pour inviter la population à pratiquer
- D’organiser et d’encadrer :
- Les compétitions qui permettent de délivrer des titres de champion(nes) de Polynésie Française
- Les passages de grades jusqu’au 4ème Dan
- Les dispositifs de formation des enseignants
- La préparation et la sélection des meilleurs combattants pour représenter la Polynésie Française au niveau International
- De soutenir et fédérer les clubs qui proposent la pratique du judo et des disciplines associées en Polynésie Française, sur le plan humain, matériel et / ou financier
La FPJ, comme toutes les associations, est définie par ses statuts. Ces derniers sont donc des règles qui expliquent le fonctionnement d’une association. Conformément à ces derniers, la FPJ est dirigée par un bureau exécutif, composé de bénévoles élus démocratiquement par les représentants des clubs, lors d’une Assemblée Générale qui regroupe les représentants de tous les membres de la FPJ.
Le rôle du bureau consiste à prendre les décisions permettant de concevoir et mettre en œuvre une stratégie fédérale. Il est composé d’un(e) :
- Président(e)
- Trésorier(e)
- Secrétaire
Le bureau est assisté par un Conseil Fédéral et des commissions composées également de membres bénévoles qui proposent et mettent en place des projets selon leurs domaines de compétences (formation, haut niveau, arbitrage, etc…)
I4.2 Les clubs et les licenciés
En Polynésie, la pratique du judo et des disciplines associées est généralement proposée au sein d’associations affiliées à la FPJ. Ce sont des clubs, organisés sur le même modèle que la FPJ, avec un bureau (un comité directeur parfois), élu démocratiquement par l’Assemblée Générale, composée des adhérents. Pour être affiliés à la Fédération, les clubs doivent notamment :
- Avoir des statuts conformes aux statuts de la FPJ (garantie d’un système démocratique & non commercial).
- Licencier tous leurs adhérents à la FPJ
- Payer une adhésion à la FPJ
Les licenciés quant à eux, payent une licence fédérale qui les lient à la FPJ (4000F en 2021) et qui leur donne accès à une assurance, ainsi qu’aux manifestations et services proposés par la FPJ. Ils participent à la vie de leur club en payant une cotisation (variable selon les clubs) qui permet généralement de payer les enseignants, les déplacements et autres événements de l’association.
I5. ARBITRAGE ET REGLEMENT
Le règlement du judo évolue régulièrement. La durée des combats, la place des arbitres et leur présence ou non sur la Tatami, l’apparition ou la disparition des valeurs permettant de graduer les scores en Tachi Waza, l’accumulation des pénalités liées aux interdictions sont telles qu’il semblerait difficile de formaliser un document fiable sur la durée. A ce niveau de formation, il est attendu que le candidat maîtrise les grandes lignes du règlement et de l’arbitrage.
1. L’organisation d’un combat
Le règlement du judo évolue régulièrement. La durée des combats, la place des arbitres et leur présence ou non sur la Tatami, l’apparition ou la disparition des valeurs permettant de graduer les scores en Tachi Waza, l’accumulation des pénalités liées aux interdictions sont telles qu’il semblerait difficile de formaliser un document fiable sur la durée.
A ce niveau de formation, il est attendu du candidat qu’il maîtrise les grandes lignes du règlement et de l’arbitrage, plutôt qu’une connaissance fine des derniers règlements de l’IJF.
Pour que le combat ait lieu, il est nécessaire de disposer :
- D’une surface de combat carrée, (6mX6m à 10mX10m, possible 4mX4m pour jusqu’à Poussins), entourée d’une surface de sécurité (3m, mais possible 2m jusqu’à poussins)
- D’un arbitre central qui régule l’activité des combattants et attribue les scores ou les pénalités aux combattants
- De deux juges arbitres qui peuvent demander une modification des jugements de l’arbitre central, s’ils estiment que celui -ci s’est trompé
- De deux commissaires sportifs chargé de noter les scores et les résultats des combats.
2. La tenue d’une poule de compétition
Dans un système de poule, tous les combattants se rencontrent. Les combattants sont alors classés en fonction du nombre de victoires.
En cas d’égalité de victoires, ils sont départagés par le nombre de points marqués lors des combats qu’ils ont gagné.
En cas d’égalité de victoires et de points, ce sont les affrontements directs entre les judokas ex aequo qui sont prise en compte.
Si ces différents critères ne permettent pas de départager les combattants, l’organisateur peut décider de :
- Recommencer la poule
- Ou Désigner tous les combattants ex – aequo pour le classement final ou pour la qualification à l’étape suivante
3. La tenue d’un tableau à simple ou double repêchage
Dans un tableau, les combattants sont répartis de manière aléatoire. Il arrive selon le niveau de compétition, que les meilleurs soient désignés têtes de séries et éloignés les uns des autres.
Pour un tableau à simple repêchage, seuls les finalistes repêchent les combattants qu’ils ont battu. Ces derniers se recontrent, et le meilleurs est classé 3ème
Pour un tableau à double repêchage, les demi finalistes repêchent les combattants qu’ils ont battu. Ces derniers se rencontrent et le meilleur rencontre le perdant de la demi finale du demi tableau opposé. Le vainqueur est classé 3ème
4. Les principaux gestes d’arbitrage et leur signification
- HAJIME : Commencez
- HANSOKU MAKE : Disqualification
- HIKIWAKE : Egalité
- IPPON : Un point entier
- MATTE : Arrêtez
- OSAE KOMI: Immobilisation
- REI : Saluez (signifie aussi « zéro »)
- SHIAI : La compétition pure
- SHIDO : Faute légère
- SONO MAMA : Ne bougez plus
- SORE MADE : Arrêtez (pour la fin d’un combat, d’une séance)
- TOKETA : Sortie d’immobilisation
- WAZA ARI : Grand avantage technique
- YOSHI : reprenez
C3.4.5 Quelques règles importantes
En cas d’égalité
Dans le règlement de la Fédération Internationale de judo, lorsqu’aucun vainqueur ne peut être désigné à l’issue du temps règlementaire, l’arbitre lance un « Golden score », sans durée déterminée. Ainsi le vainqueur est celui des deux combattants qui marque un avantage (Yuko, Waza Ari ou Ippon) ou qui parvient à amener son adversaire à prendre Hansokumake (3ème Shido ou action interdite)
Les principaux motifs de shido
- La non-combattivité
- La posture exagérément défensive
- La sortie volontaire de la surface de combat, debout ou au sol
- La fausse attaque, dont les « coups de pates » préparatoires trop appuyés qui ne produisent aucun déséquilibre
- La saisie au pantalon en Tachi Waza
- La prise d’appuie sur la tête en attaque ou en défense pour les cadets et en dessous
- La perte de temps volontaire et manifeste, malgré les demandes de l’arbitre
- La protection du revers avant la saisie
- La rupture totale et intentionnelle de saisie
Les principaux motifs de Hansokumake
1) Techniques interdites / dangereuses
- Kawazu-gake (projection en ciseaux avec enroulement de la jambe autour de celle de l’adversaire)
- Kani-basami (ciseaux / saut en ciseaux sur les jambes)
- Diving (Le fait de plonger directement sur la tête pour projeter l’adversaire) ou de se lancer en “salto” avant, dans l’axe, avec un partenaire dans le dos.
- Clé sur une articulation interdite (genou, cheville, épaule, poignet selon le cas)
2) Accumulation de shido
3) Comportement antisportif
- Geste agressif envers l’arbitre ou l’adversaire
- Insultes, violence, intimidation
- Morsure volontaire
C3.4.6 Les grandes lignes du règlement éducatif polynésien
Article 21.1 – Objectifs et intentions
L’arbitrage éducatif polynésien a pour ambition de laisser davantage de liberté d’expression aux jeunes judokas, notamment à partir de la catégorie minime, en autorisant la plupart des techniques et saisies, dès lors qu’elles sont effectuées avec suffisamment de maîtrise des fondamentaux techniques (saisie de manche, contrôle de la chute par la manche, sur le dos) pour ne pas mettre en danger la tête, les cervicales et plus globalement l’intégrité physique de Uke.
Dans le cas où la technique induit un risque évident de blessure, ou de contraintes manifestes sur le rachis cervical, le score ne peut être validé. Il revient à l’arbitre d’apprécier le risque et de garantir la sécurité des combattants en intervenant de manière pédagogique, dans une logique de prévention, plutôt que dans un esprit de sanction. L’arbitre est invité à dire rapidement Mate ou Sonomama en cas de doute sur un début d’infraction.
Toute mise en danger volontaire et autres comportements non conformes aux principes de respect de l’adversaire, restent passibles d’une sanction, voire d’une disqualification.
Il s’agit également de sortir des logiques d’application stricte de la règle et de tendre vers la valorisation du judo et de l’intention de faire tomber. A cet effet, l’arbitre sanctionnera uniquement l’excès de non-combattivité, les attitudes & postures volontairement et exagérément défensives.
La répétition de fautes mineures, et ce malgré les interventions de l’arbitre, sont également sanctionnées d’un shido. Fortement inspiré de l’arbitrage éducatif de la FFJDA, l’arbitrage éducatif de la FPJ a pour principales intentions de:
- Garantir l’éthique et l’intégrité physique des combattants
- Valoriser la production du judo et la recherche du ippon
- Réduire l’impact des fautes techniques ponctuelles et non intentionnelles sur le résultat final
- Simplifier le règlement afin d’en faciliter la compréhension, sur la base d’un judo clair et cohérent pour les jeunes judokas et leurs parents.
Article 21.2– Règles spécifiques à l’arbitrage éducatif polynésien
Article 21.2.a- Application
Le combat de judo est régi par le règlement IJF. L’arbitrage éducatif polynésien recense les règles spécifiques qui s’appliquent aux catégories jeunes des compétitions de la FPJ (poussins, benjamins et minimes), avec quelques particularités selon la tranche d’âge.
Article 2I.2.b- Désignation du vainqueur en cas d’égalité
En cas d’égalité à l’issue du temps réglementaire, la règle de la décision est appliquée selon les critères suivants :
- 1er critère: Le nombre de Kinza
- 2ème critère: Le nombre de Shido
- 3ème critère: L’activité (nombre d’attaques, attitude)
Les Kinza sont annoncés par l’arbitre et comptabilisés par les commissaires sportifs. Si le corps arbitral doit recourir au 3ème critère, l’arbitre central et les deux assistants placent les deux bras parallèles à hauteur d’épaule, avec un drapeau bleu et un drapeau blanc dans chaque main. Au moment où l’arbitre central annonce Hantei (jugement), chaque arbitre désigne simultanément son vainqueur en levant le drapeau approprié du côté de ce dernier. La règle du Hikiwake est maintenue pour les championnats par équipes.
Article 21.2.c- Cas du Hansokumake
Etant entendu que les jeunes judokas ne maîtrisent pas toujours les finesses et la complexité du règlement, étant entendu que de nombreuses fautes techniques relèvent davantage d’une mauvaise maitrise technique plus que d’une intention de nuire, le recours au Hansokumake direct doit être exceptionnel pour les catégories poussins, benjamins et minimes.
Seules sont sanctionnées par Hansokumake:
- Les fautes dangereuses ET manifestement intentionnelles, notamment lorsqu’elles sont répétées après un avertissement de l’arbitre par un Shido
- Les fautes relevant d’une attitude contraire à l’esprit du judo (insultes, gestes injurieux, coups volontaires, morsure volontaire, etc…)
Parmi les fautes dangereuses pour lesquelles l’arbitre peut avertir le judoka d’un Shido avant de prononcer Hansokumake, on peut citer les cas suivants:
- Réaliser un geste défensif ou offensif sanctionnable par Hansokumake dans le règlement IJF (exemple du Diving)
- Tenter d’appliquer une forme technique non autorisée pour la tranche d’âge concernée:
- De poussins à minimes :
- Tenter d’appliquer ce qui ressemble à un étranglement ou une clef de bras en Ne Waza. L’arbitre intervient immédiatement, dès lors que l’initiative s’engage. Si la tentative est appuyée et portée jusqu’à la mise en tension du coude ou jusqu’à l’application réelle et effective de l’étranglement, l’arbitre peut annoncer Hansokumake sans avertissement. Dans la majorité des situations l’arbitre pourra interrompre le combat et avertir verbalement le judoka de la faute commise, avant de prononcer Shido ou Hansokumake en cas de récidive.
- Pour les poussins & les benjamins, tenter d’appliquer :
- Un Sutemi Waza (Tomoe Nage, Yoko Tomoe Nage, Sumi Gashi, Tani Otoshi)
- Une mise en tension manifeste et volontaire des cervicales, notamment sur les formes Makikomi avec enroulement des cervicales
- Une attaque en se jetant à genoux qui projette Uke directement sur la tête. Dès la catégorie benjamin, l’arbitre fera preuve de discernement pour distinguer une attaque « écroulée » qui se termine à genoux et une attaque en se jetant à genoux. Une projection maitrisée et contrôlée, sur le dos pourra être comptabilisée dès lors qu’il n’y a aucune mise en danger d’Uke
- De poussins à minimes :
- Pour les minimes :
- Les mises en danger (rachis cervical, épaules, dos, genoux) sur des formes techniques mal maitrisées et manifestement dangereuses (Seoi à genoux, Sumi Gaeshi en garde croisée au revers, Contres en Tani Otoshi réalisés en se jetant sur les genoux d’Uke).
- Toutes les actions réalisées avec une maîtrise et un contrôle de la projections sur le dos sont comptabilisées.
Article 21.2.d – Cas du Shido
Seules les fautes relevant d’un judo négatif intentionnel et d’une défense exagérée. Plus que des fautes techniques, le règlement éducatif polynésien permet de sanctionner d’un shido:
- La fuite intentionnelle (sortie volontaire, refus délibéré de saisir, fausse attaque pour fuir la pression de l’adversaire, etc…)
- Les postures exagérément défensives (blocage avec bras tendus, fesses en arrières)
- Les fautes mineures répétées malgré les explications de l’arbitre (saisies non conventionnelles sans attaque immédiate, non combattivité, passage de tête).
I.6 CONDUITES EN CAS D’ACCIDENT
L’enjeu n’est pas de faire passer le PSC1 au candidat lors de nos épreuves, même si nous leur recommandons fortement de se former dans un organisme spécialisé. Il s’agit ici de mesurer la capacité du candidat à agir avec bon sens selon les principes fondamentaux dispensés dans la formation PSC1. La procédure fondamentale à suivre s’inscrit dans le schéma suivant :
- PROTEGER : Eviter le sur-accident en protégeant la personne blessée d’une éventuelle chute d’un autre partenaire, ou de toute autre aggravation.
- ALERTER : Appeler les secours dès qu’il y a un doute sur la gravité de la blessure, en précisant votre nom, numéro de téléphone, adresse la plus précise possible. Votre interlocuteur vous guidera dans tous les cas.
- SECOURIR : Soigner en conscience des limites de vos compétences
En cas de traumatisme au niveau de la colonne vertébrale, de la tête ou des articulations, il est recommandé de ne pas mobiliser la partie du corps blessée, afin d’éviter toute aggravation. Il est tentant pour le pratiquant de vouloir se relever rapidement, comme pour se rassurer. Il est tout aussi tentant pour l’enseignant d’inviter le pratiquant à mobiliser la zone blessée pour mesurer l’ampleur de la blessure. Pourtant, dès qu’il y a un doute sur l’atteinte sérieuse de ces parties du corps, protéger et surveiller restent les deux conduites à tenir en attendant les secours.- En cas de perte de connaissance, il est recommandé de surveiller si la personne respire et de la placer en Position Latérale de Sécurité le cas échéant.
- En cas d’arrêt cardiaque (la personne ne respire plus) il est urgent de pratiquer une Réanimation Cardio-Pulmonaire et d’utiliser un défibrillateur le plus rapidement possible.














