BF 1 – ASSISTANT(E) ANIMATEUR CLUB (AAC)

 

A.  SENS DU DIPLÔME – BF1

Le BF1 – Assistant Animateur Club (AAC) ne sanctionne pas l’expertise de l’enseignant. Il est créé pour proposer une passerelle aux pratiquants qui souhaitent évoluer vers des fonctions de transmission. Au-delà d’une vocation pédagogique, il a pour ambition d’aider les judokas polynésiens, notamment les plus jeunes, à :

  • Gagner en confiance ;
  • Développer leur sens des responsabilités en s’engageant dans le cadre associatif ;
  • Mieux comprendre le fonctionnement d’un cours de judo ;
  • Progresser techniquement et humainement sur la voie de la transmission.

 

B.  PREROGATIVES DU TITULAIRE – BF1

Le ou la titulaire du BF1 – AAC peut intervenir dans son club, sous la responsabilité d’un enseignant titulaire d’un diplôme professionnel, ou a minima d’un BF3. Il peut alors :

  • Concevoir et conduire l’échauffement d’une séance ;
  • Conduire une partie d’une séance d’initiation ou d’enseignement adaptée aux besoins et aux possibilités d’un public n’excédant pas la ceinture verte ;
  • Conseiller et corriger individuellement les élèves sur leurs réalisations techniques à partir des observables communiqués par l’enseignant diplômé ;
  • Démontrer à des fins d’enseignement, les principales Habiletés Techniques Fondamentales mobilisées jusqu’à la ceinture verte ;
  • Participer à l’accompagnement de mineurs sur des animations et des compétitions.

 

C.   PREREQUIS & AGE PLANCHER – BF1

Pour pouvoir passer le BF1 – AAC, le / la candidate doit au minimum :

  • Être titulaire du grade de ceinture bleue
  • Avoir 13 ans dans la saison sportive

 

D.    STAGE PRATIQUE – BF1

Le stage pratique « tutoré » par l’enseignant du club permet d’acquérir l’expérience nécessaire à l’acquisition des compétences requises. Il doit être effectué :

  • Sous la responsabilité de l’enseignant
  • Sur une durée minimum de 20h
  • Auprès d’un public n’excédant pas le grade de ceinture verte

E.   COMPETENCES ATTENDUES – BF1

 

E1.  Compétences techniques (UC1)

Le / la titulaire du BF1 – AAC est capable d’exécuter correctement les principales techniques utilisées par les pratiquant(e)s jusqu’à la ceinture verte. Cette unité de compétences comporte 2 Sous-Compétences (SC 1 à 2) :

  • SC 1, exécuter correctement les principales techniques du Gokyo. Le candidat doit être capable de nommer, réaliser avec un minimum de contrôle les 15 principales techniques de projection et de contrôle du Gokyo, définies dans le programme technique du BF1, en statique ou en dynamique
  • SC 2, exécuter correctement une partie du Nage No Kata: Le candidat doit être capable de réaliser la première série du Nage no kata, en tant que Tori, dans l’ordre, avec un minimum de contrôle et de précision, en respectant les grands principes (Chronologie, cérémonial, Tsugi Ashi, Kuzushi, Tsukuri, Gake).

Le programme technique du BF1 comporte :

  • 3 Te Waza:
    • Ippon Seoi Nage (les formes Eri ou Otoshi sont acceptées)
    • Morote Seoi Nage (les formes Eri ou Otoshi sont acceptées)
    • Tai Otoshi
  • 3 Ashi Waza:
    • O uchi gari (les formes Barai ou Gake sont tolérées)
    • Ko uchi gari (les formes Barai ou Gake sont tolérées)
    • O soto Gari (les formes Otoshi ou Guruma sont acceptées)
  • 3 Koshi Waza:
    • Uchi Mata (la forme Ashi est acceptée)
    • Harai Goshi (la réalisation proche d’Ashi Guruma ou Hane Goshi doit être soulignée par le jury qui peut l’accepter)
    • O Goshi (Uki Goshi ou la forme O tsuri Goshi peuvent être acceptées)
  • 3 Sutemi Waza:
    • Tomoe Nage
    • Sumi Gaeshi
    • Tani Otoshi
  • 3 Katame waza:
    • Hon Gesa Gatame
    • Yoko Shiho Gatame
    • Tate Shiho Gatame

Remarques :

  • Le grade de ceinture noire valide par équivalence les 2 sous-compétences techniques
  • L’UV2 du grade de ceinture noire valide la SC1
  • L’UV1 du grade de ceinture noire valide la SC2

 

E2.  Compétences pédagogiques (UC2)

Le / la titulaire du BF1 – AAC est capable d’animer une partie d’une séance de judo prescrite par l’enseignant principal, d’apporter des régulations sur la base des observables livrés par l’enseignant principal, d’expliquer la pertinence de l’exercice au regard du thème de la séance pour justifier ses interventions pédagogiques. Cette compétence comprend 1 sous – compétence (SC 3) :

  • SC 3, encadrer en sécurité une partie de la séance: Le candidat doit être capable :
    • De concevoir et conduire un échauffement (progressivité, sécurité, si possible, lien avec le thème de la séance) ;
    • De donner des consignes claires et audibles pour Tori et Uke ;
    • De s’assurer que les consignes ont été entendues & comprises ;
    • De donner des consignes de sécurité permettant de garantir l’intégrité physique des pratiquants ;
    • De conduire une démonstration permettant de faciliter la compréhension des attentes d’un exercice ou d’une technique ;
    • D’interagir avec une attitude adaptée à l’âge et au niveau du public ;
    • De respecter les valeurs du judo dans ses interventions ;
    • De repérer une situation possiblement dangereuse et le cas échéant d’y mettre un terme ;
    • De situer l’intérêt de la situation proposée au regard du thème de la séance ;
    • De formuler un feedback cohérent sur le bon déroulement de la séance.

E3. Culture Générale (UC3)

 Le / la titulaire du BF1 – AAC doit connaître les principes fondamentaux de la culture judo, et les éléments de langage permettant d’animer une séance ou de participer à une animation sportive. Cette compétence se décompose en 1 sous compétence :

  • SC 4, expliquer la culture judo: Le candidat doit être capable :
    • De traduire du japonais les mots qui caractérisent les grands principes du judo ;
    • De maitriser le lexique nécessaire à la conduite d’une séance de judo ;
    • De maitriser le lexique nécessaire à l’arbitrage d’un combat de judo.

 

F.   EPREUVES – BF1

 

F1. Epreuve technique (UC1)

 

F1.1 Déroulement de l’épreuve

L’épreuve technique consiste en une démonstration permettant, à la demande du jury, d’évaluer les 2 sous – compétences techniques :

  • Partie 1 (Connaissance Nage Waza / Ne Waza) : Le candidat démontre au choix du jury, en statique et en dynamique au moins :
    • 1 Te Waza,
    • 1 Ashi Waza
    • 1 Koshi Waza
    • 1 Sutemi Waza
    • 2 Osaekomi Waza
  • Partie 2 (Réalisation du Kata): Le candidat doit réaliser la première série du Nage No Kata, dans l’ordre, dans le rôle de TORI

F1.2 La grille d’évaluation

Épreuve Technique BF1                                                                                                                                                         Date de passage :                                                                                                                                                      Prénom du candidat                                                                                                                                                         NOM du candidat 0 1 2 3 4
Méconnaissance Réalisation très approximative Connaissance théorique, difficultés de réalisation Respect des principes fondamentaux de la technique Excellence de la forme de corps
SC 1 Te Waza Ippon / Morote / Tai otoshi
Ashi Waza O uchi / Ko Uchi / O soto
Koshi Waza O goshi / Uchi Mata / Harai Goshi
Sutemi Waza Tomoe Nage / Sumi Gaeshi / Tani Otoshi
Osaekomi Waza Kami Shiho / Yoko Shiho
Osaekomi Waza Hon Gesa
Résultat SC 1 Note  :              / 24 pts
SC2 Nage No Kata Cérémonial
Déplacements
Chronologie
Uki Otoshi
Ippon Seoi Nage
Kataguruma
Résultat SC 2 Note  :              / 24 pts
Appréciation du jury :

 

 

Remarque :

L’examen du BF1 ne vise pas à évaluer l’expertise du candidat mais son aptitude à assister l’enseignant. Ce n’est pas une sanction, mais plutôt une opportunité de contribuer à sa progression. C’est pourquoi les approximations de réalisation sont tolérées dès lors que le / la candidat(e) fait état d’une connaissance théorique de la technique. Au Ne Waza, les formes Kuzure sont tolérées dès lors que le / la candidat(e) fait preuve d’un minimum de contrôle.

 

F2. Epreuve pratique (UC2 & UC3)

F2.1 Déroulement de l’épreuve

L’épreuve pratique permet d’évaluer les sous – compétences 3 & 4. Elle comprend :

  • La conduite d’une partie de la séance (15 minutes minimum – 30 minutes maximum), au sein du club du candidat, avec un public n’excédant pas la ceinture verte.
  • Un entretien de 15 minutes à 25 minutes maximum au cours desquelles le candidat doit répondre aux questions du jury sur :
    • Le bon déroulement de la séance (5 à 15 minutes maximum)
    • La culture judo du pratiquant (5 à 10 minutes maximum, avec au minimum 2 questions par Item – Culture / Enseignement / Arbitrage)

E2.2 La grille d’évaluation

Épreuve Pratique BF1                                                                                                                                                                                                          Date de passage :                                                                                                                                                                                                        Prénom du candidat                                                                                                                                                                                                     NOM du candidat 0 1 2 3 4
Présente un danger Non acquis En cours d’acquisition Acquis Excellent
SC 3 Conduire un échauffement Progressivité (si possible, lien avec le thème)
Non dangerosité des exercices proposés
Donner des consignes Clarté des consignes
Précisions sur la sécurité en cas de besoin
Réaliser une démonstration Facilite la compréhension des attentes (exercice ou technique)
Evaluer & justifier son intervention Situe l’intérêt de la situation proposée au regard du thème de la séance
Formule un feedback cohérent sur le bon déroulement de la séance
Attitude, présence et posture S’assure que les consignes sont entendues et comprises
Faire appliquer les consignes données
Interagir avec une attitude adaptée à l’âge et au niveau du public
Éthique & Sécurité Respecter les valeurs du judo dans ses interventions
Repérer une situation dangereuse et le cas échéant y mettre un terme
Résultat SC 3 Note  :              / 24 pts
SC 4 Principes du judo Q1
Q2
Lexique de l’enseignement Q1
Q2
Lexique de l’arbitrage Q1
Q2
Résultat SC 4 Note  :              / 24 pts
Appréciation du jury :

 

 

 

 

 

 

G.   EQUIVALENCES – BF1

 

  • L’UV1 du 1er Dan valide la SC2
  • L’UV2 du 1er Dan valide la SC1
  • L’UV4 peut dispenser le / la candidat(e) de questions sur l’arbitrage.
  • Les candidat(e)s titulaires d’une qualification d’arbitre fédéral B sont dispensés de questions portant sur l’arbitrage

 

H.  RESULTATS & VALIDATION DU DIPLÔME – BF1

 

H.1 Grille de résultats

Prénom du/de la candidat(e) :

NOM du / de la candidat(e) :

Compte rendu épreuves BF1

(Préciser les notes pour chaque SC)

Acquis

(Minimum 14/24)

En cours

(Minimum 10/24)

Non acquis

(Inférieur à 10/24)

SC1 : Connaissance et réalisation Tachi Waza / Ne Waza
SC2 : Connaissance et réalisation du Nage No Kata
SC3 : Pratique pédagogique
SC4 : Culture Judo

 

Appréciation du jury

 

 

 

 

H.2 Validation du diplôme

 

Pour chaque Sous – Compétence, le jury se prononce en fonction de la note obtenue pour chaque épreuve, dans la case correspondant à la mention :

  • Acquise
  • En cours d’acquisition
  • Non acquise

Pour valider la certification, le candidat doit avoir acquis l’ensemble des 4 Sous – Compétences.

 

I.  CONTENU DE FORMATION – BF1 – AAC

 

I1. Programme technique – BF1 – AAC

I.1.1 Te Waza (techniques de bras, de main)

Les formes SEOI NAGE : Projection en chargement sur le dos au-dessus de l’épaule

    • ERI SEOI NAGE : Chargement par un coté avec revers
    • IPPON SEOI NAGE : Chargement par un côté
    • MOROTE SEOI NAGE : Chargement à l’aide des 2 mains
  • Les formes OTOSHI
    • TAI OTOSHI : Renversement du corps
    • ERI OTOSHI : Renversement par un côté avec revers
    • MOROTE OTOSHI : Renversement avec les deux mains

 

 I1.2. Ashi Waza (techniques de jambe, de pied)

 Les 3 principales techniques (O UCHI, KO UCHI, O SOTO) dans leurs différentes formes (GARI, BARAI, GAKE, éventuellement OTOSHI ou GURUMA pour OSOTO)

  • Les BARAI (formes balayées)
    • KO UCHI BARAI : Petit balayage intérieur
    • O UCHI BARAI  : Grand balayage intérieur
  • Les GARI (formes fauchées)
    • KO UCHI GARI : Petit fauchage intérieur
    • O SOTO GARI : Grand fauchage extérieur
    • O UCHI GARI : Grand fauchage intérieur
  • Les GAKE (formes accrochées)
    • KO SOTO GAKE : Petit accrochage extérieur
    • KO UCHI GAKE : Petit accrochage intérieur
    • O UCHI GAKE : Grand accrochage intérieur

 

I1.3 Koshi Waza (les techniques de hanche)

  • HARAI GOSHI : Balayage par la hanche
  • O GOSHI : Grande (projection de) hanche
  • UCHI MATA : Projection par l’intérieur de la cuisse
  • UKI GOSHI : Hanche flottante

 

I1.4. Sutemi Waza (les techniques de sacrifice)

  • Les formes GAESHI (Contres ou renversements)
    • SUMI GAESHI : Renversement dans l’angle
  • Les formes MAE (Dans l’axe)
    • TOMOE NAGE : Projection en cercle
    • TANI OTOSHI : Chute dans la vallée

I1.5. Les Osaekomi Waza (techniques d’immobilisation)

  • Les formes GESA (par le travers)
    • HON GESA GATAME : Contrôle fondamental par le travers
    • USHIRO GESA GATAME : Contrôle par le travers arrière
  • Les Formes SHIHO (par les 4 coins)
    • KAMI SHIHO GATAME : Contrôle des quatre coins par le dessus
    • TATE SHIHO GATAME : Contrôle longitudinal des quatre coins
    • YOKO SHIHO GATAME : Contrôle latéral des quatre coins

I1.6. Nage No Kata

  • 1ère série du Nage No Kata

A2. Programme pédagogique du BF1 – AAC

A2.1 Comprendre son rôle d’assistant

Le BF1 – AAC aide le professeur. Il ne le remplace pas. A cet effet, il peut :

  • Montrer les exercices pendant que l’enseignant principal les explique
  • Vérifier que tout le monde a compris et reformuler auprès des élèves si nécessaire
  • Aider à corriger sans forcer ni critiquer
  • Alerter le professeur en cas de problème
  • Encourager les autres judokas
  • S’assurer que les exercices sont réalisés en toute sécurité (vérifier les gabarits de Tori & Uke, intervenir su la consigne est male comprise, etc…)

En tant que professeur de judo en devenir, il est important d’adopter un comportement exemplaire. A cet effet, il doit :

  • Être ponctuel et attentif
  • Avoir une tenue correcte
  • Être calme, poli et respectueux
  • Ne pas se moquer, ne pas crier
  • Accepter les remarques du professeur

A2.2 Concevoir et animer un échauffement

À quoi sert l’échauffement ?

L’échauffement est une étape indispensable du cours. Il sert à :

  • Préparer le corps à l’effort (muscles, articulations, respiration)
  • Préparer le cerveau à se concentrer
  • Réduire les risques de blessures
  • Mettre tout le monde dans une bonne dynamique de travail

Les grands principes d’un bon échauffement

Pour être efficace, l’échauffement doit être :

  • Progressif : on commence doucement, on augmente petit à petit l’intensité
  • Global : on sollicite tout le corps (jambes, bras, tronc, cou)
  • Adapté au judo : déplacements, chutes, appuis, équilibre
  • Ludique (surtout avec les plus jeunes) : jeux, défis, situations simples

Remarques :

  • Il n’est pas utile de faire un échauffement long et intense pour finir par demander aux élèves de s’assoir pour écouter l’enseignant pendant 30 minutes ;
  • Le risque réel de blessure chez les jeunes prépubères est très faible. Dans la cour de récréation, la plupart des élèves débutent une partie de football intensif sans échauffement. Autrement dit, et loin de promouvoir l’absence d’échauffement, cette partie de la séance doit trouver sa place et rester cohérente avec la suite du cours.

A2.3 Donner des consignes claires, audibles et précises

Pourquoi les consignes sont importantes ?

Des consignes claires permettent :

  • De gagner du temps
  • D’éviter la confusion
  • De garantir la sécurité
  • De rendre l’exercice plus efficace et plus agréable
  • De bien définir le rôle de Tori et de Uke

Comment donner une bonne consigne ?

Une consigne efficace est une consigne “SASQ” :

  • Simple (une idée à la fois, pas trop de mots)
  • Audible (voix claire, regard vers le groupe)
  • Spécifiques pour Tori et Uke (Un but, une finalité claire pour chacun)
  • Quantifié (Une durée, un nombre de répétition)

Exemple : « Deux par deux, on effectue un Kakari Geiko. TORI veut faire tomber UKE. Il a le droit de faire toutes les techniques qu’il souhaite.  UKE défend. Il peut esquiver ou bloquer. Il n’a pas le droit d’attaquer, ni de contrer. On fait ça pendant 1 minute et au Mate, on inverse les rôles. »

Remarques :

  • Il est important de s’assurer que :
    • Tous les élèves écoutent les consignes au moment où elles sont données;
    • Tous les élèves ont compris les consignes avant de lancer un exercice.
  • Lorsque les consignes ne sont pas appliquées, il est important d’intervenir pour apporter des corrections, ou reformuler les consignes. Souvent, c’est qu’elles n’ont pas été entendues ou comprises.

Pour cela, il est important de bien se positionner face au groupe :

  • S’assurer que je suis vu par tous les pratiquants au moment où je parle;
  • Éviter de tourner le dos à son public ;
  • Observer le groupe pendant l’exercice.

 

A2.4. Réaliser des démonstrations pertinentes

A quoi servent les démonstrations ?

La démonstration aide les élèves à :

  • Visualiser l’exercice ou la technique attendue ;
  • Comprendre le placement du corps ;
  • Se rassurer avant d’essayer.

Remarque : Les professeurs sont souvent des adultes, ceintures noires qui sont experts de l’activité. En proposant un modèle qui correspond davantage aux capacités techniques et morphologiques des élèves, la démonstration de l’assistant club peut permettre de rassurer le pratiquant. Il peut ainsi apporter une contribution complémentaire aux instructions et aux consignes de l’enseignant principal.

Les points clefs d’une bonne démonstration

Une bonne démonstration doit être :

  • Visible : bien placée, face au groupe ;
  • Globale à vitesse normale, puis décomposée plus lentement (ou inversement) ;
  • Correcte techniquement (relativement maitrisée par l’AAC) ;
  • Répétée si nécessaire.

Remarques pour faciliter la démonstration de l’AC :

  • Choisir un partenaire adapté ;
  • Rester concentré et sérieux ;
  • Ne pas trop parler pendant l’exécution ;
  • Ne pas chercher à impressionner.

 

A3. CONTENUS DE FORMATION – CULTURE JUDO BF1 – AAC

 

A3.1. Lexique de l’Animateur Assistant Club

  • La structure de la séance :
    • REI : Saluez (signifie aussi « zéro »)
      • RITSU REI : Salut debout
      • ZA REI : Salut à genoux
    • HAJIME : Commencez
    • JUDOGI : Tenue de judo
    • MATTE : Arrêtez
    • NE WAZA : L’art des techniques couché
    • SORE MADE : Arrêtez (pour la fin d’un combat, d’une séance)
    • TACHI WAZA : L’art des techniques debout
    • TORI : Prendre, celui qui fait l’action
    • UKE : Recevoir, subir l’action
  • Les exercices conventionnels et modes d’intervention:
    • Les UKEMI : Brise chute
      • MAE UKEMI : Chute avant
      • YOKO UKEMI: Chute latérale
      • USHIRO UKEMI: Chute arrière
    • Les KOMI (Pénétrer profondément)
      • NAGE KOMI : Vient de Nage (Projeter) et Komi (Pénétrer profondément). Nage Komi est un exercice de répétition de projections
      • UCHI KOMI : Vient de Uchi (Frapper perpendiculairement, ou l’intérieur) et Komi (Pénétrer profondément). Uchi Komi est un exercice de répétition d’entrées de mouvements sans projection
    • Autres exercices fondamentaux :
      • RANDORI : Vient de Ran (libre) et Dori (saisie). Randori est un exercice d’opposition libre au cours duquel la saisie est sensée être libre, au sens où elle ne doit pas être le cœur de l’interaction. Dans les faits, la préparation au SHIAI amène souvent les compétiteurs à intégrer la bataille de KUMIKATA au RANDOR
      • KATA : Signifiant « la forme », le Kata regroupe des séries formelles de mouvements destinés à démontrer les principes du judo.
  • Autres éléments de vocabulaire:
    • KUMI KATA : Saisie
    • KUZURE : Variante
    • TAI SABAKI : Esquiver, tourner, défendre ou attaquer par la rotation du corps
    • KUZUSHI : Déformer, rompre la position (utilisé pour évoquer le déséquilibre physique et mental)
    • TSUKURI : La stratégie, au sens de l’art d’utiliser la distance (« ma ») et la tactique appropriées pour piéger l’adversaire en l’amenant là où l’on a décidé de l’amener (généralement associé au placement)
    • KAKE (GAKE): Mouvement positif, Exécution (L’action finale de projection)
    • DOJO : Lieu d’étude
    • JUDO : Voie de la souplesse
    • SENSEI : Le professeur, celui qui a vécu ou qui est né avant
  • Vocabulaire spécifique à l’arbitrage:
    • HAJIME : Commencez
    • HANSOKU MAKE : Disqualification
    • HIKIWAKE : Egalité
    • IPPON : Un point entier
    • MATTE : Arrêtez
    • OSAE KOMI: Immobilisation
    • SHIDO : Faute légère
    • SORE MADE : Arrêtez (pour la fin d’un combat, d’une séance)
    • TOKETA : Sortie d’immobilisation
    • WAZA ARI : Grand avantage technique

 

A3.2 Les grands principes du judo

Le judo est généralement présenté comme une école de la vie par ses professeurs et ses dirigeants. C’est en tout cas l’intention de son créateur Jigoro Kano qui s’est inspiré du JU-JITSU (technique de souplesse) pour créer le JUDO (voie de la souplesse). Le mot « voie » montre bien que le judo est un chemin éducatif, spirituel, personnel, et pas uniquement une discipline sportive dont le seul intérêt serait de maitriser la « technique » ou de dominer l’adversaire simplement pour terminer premier. L’une des citations attribuées à Jigoro Kano évoque bien cette idée : « Ce n’est pas important d’être meilleur que quelqu’un d’autre, mais d’être meilleur qu’hier ».

En fait, le judo est fondé sur 3 grands principes qui synthétisent la pensée de Kano :

  • JITA KYOEI : « Prospérité mutuelle par l’union des forces», généralement traduit par « Entraide et prospérité mutuelle ». Ce principe accorde un rôle aussi déterminant à TORI  (celui qui pratique) qu’à UKE (celui qui subit). Sans l’autre, qu’il soit adversaire ou partenaire, pas d’opposition ni de collaboration, pas d’interactions et donc pas d’apprentissage efficace du judo. Apprendre à accepter le rôle de UKE, à considérer l’échec comme une manifestation de l’apprentissage, grâce à mon adversaire, ce sont aussi des enseignements importants du judo.
  • JU NO RI : «Le principe de non résistance, de souplesse du corps et de l’esprit ». Ce principe est né de l’observation des branches de cerisiers enneigés. Les grosses cassent sous le poids de la neige parce qu’elles sont rigides. Les plus petites, parce qu’elles sont plus souples, plient dans le sens de la gravité comme pour se débarrasser de la neige, sans se briser. Ce principe prévaut dans de nombreuses situations du judo, où il est question d’utiliser la force de l’adversaire pour le renverser plutôt que de s’y opposer. Mais au-delà du judo, ce principe consiste dans la vie, à faire avec plutôt que contre les vents défavorables.
  • SERIOKU ZENYO : « Le meilleur emploi de l’énergie». L’application de ce principe permet de ne pas gaspiller son énergie. Il contient la notion d’efficience (l’efficacité au moindre coût énergétique) permise par le placement parfait sur une technique. Mais derrière ce principe se cache aussi la nécessité d’être concentré, présent tout entier dans l’instant, plutôt que d’éparpiller son attention en faisant plusieurs choses en même temps.